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lundi 22 octobre 2012

La dame en noir – Susan Hill

La-dame-en-noir

Une petite lecture de circonstance pour l’Halloween qui frappe à nos portes.

Arthur Kipps est un jeune notaire promu à un bel avenir dans un cabinet de prestige. Il vit le deuil de sa femme morte en couche quatre ans auparavant. Par un froid et brumeux mois de novembre, il doit se rendre à Crythin Gilford, pour régler les détails de la succession de la vielle Alice Drablow décédée sous peu à l’âge de 87 ans. La vielle châtelaine vivait dans un manoir dans les bas marécages, un manoir qui cache des secrets antérieurs et abritent des âmes en perdition. Le séjour d’Arthur Kipps sera empreint d’angoisse et de tumultes et il croisera sur son chemin une hôte quelque peu hostile, une dame en noir qui réveillera de sombres malédictions dans ce petit village du nord londonien.

Voilà un court roman, efficace et sans prétention. Un roman d’épouvante comme à la vielle époque. Tout est basé sur l’atmosphère et les effets qui éveillent nos cinq sens. Grincement de porte, chaise berçante qui craque, le vent qui siffle dans la nuit, la brume omniprésente, des cris dans la nuit, des lamentations, des pleurs et bien-sûr des apparitions de silhouette, de visages, de femme vêtue de longue robe, de la femme en noir. Et tout ça, sans cadavre, mare de sang, cri gutturale et spectre tourbillonnant en détruisant tout sur son passage. Non, que de l’épouvante à l’état pur, de la peur bénigne qui s’amplifie contre notre gré, comme quand nous étions jeune et qu’il fallait descendre dans la noirceur du sous-sol pour chercher les navets dans la chambre froide. La peur, la mort, insidieuse, hypocrite qui nous glace le sang, même pour les plus forts d’entre nous.

Non, je ne crie pas au chef d’œuvre, ni même à un « must » que l’on doit lire absolument. Mais, si vous êtes un fan de ce genre de lecture, ça vous fera du bien de revenir à la source, de revisiter vos premières peurs. Et pour les néophytes ou les réticents, voilà un roman qui pourrait faire la transition dans le genre sans bousculer vos appréhensions.

L’efficacité, la simplicité et l’émotion qui ressort du récit doit en avoir convaincu plus d’un. Pour qu’une histoire, à la base, qui ne réinvente rien et qui ne bouscule aucun concept, pressent un producteur de le scénariser pour le cinéma est tout à l’honneur de ce roman. Pour être plus précis, je crois que l’on doit ceci à la plume et le style convainquant de l’auteure Susan Hill. C’est la clef du succès du livre à mon humble avis. Je rajouterai aussi que j’ai vu ce film et qu’il est très bon. Il respecte l’œuvre écrite et il est aussi bien axé sur l’atmosphère et le ressenti du protagoniste principal. Le rôle du jeune notaire est tenu par Daniel Radcliffe, le Harry Potter. Je lui dis deux fois bravo. Un, pour sa performance sans faille et deux, pour nous avoir fait complètement oublier qu’il aurait pu sortir sa baguette magique pour le sortir du pétrin. Sans farce, quand on a joué un rôle déterminant et ultra-populaire comme le jeune magicien de Poudlar, il faut être excellent pour s’en défaire et poursuivre sa carrière avec succès.

Une lumière tamisée, un soir d’octobre, le vent qui frappe la fenêtre de votre chambre et un matou qui couine dans la nuit …. Entendre un cliquetis, une poignée de porte qui bouge … Une ombre sur le parquet, un souffle sur votre nuque … une odeur…fétide…

Osez ouvrir les yeux … La dame en noir vous observe.

La dame en noir, Susan Hill, édition l’archipel, 1992,2012(français), 217p

3 commentaires:

Gabrielle Syreeni a dit…

J'ai vu le film, mais pas lu le livre. Je ne savais pas qu'il y avait un livre en arrière (je n'en ai pas le souvenir). Le film est bien fait visuellement et Daniel Radcliffe parvient à nous faire oublier son rôle-étiquette d'Harry Potter, mais ça reste là. Je conseillerais le film, à des étudiants, pour sa qualité esthétique méticuleuse, mais pas pour son histoire. Peut-être que le livre amène une autre approche.

Merci pour ton billet Pierre! ;-)

Pierre H.Charron a dit…

@Gabrielle Un récit qui mise sur l'atmosphère, y a rien comme les mots pour bien le rendre. Le livre est vraiment meilleur. Pour l'émotion ressentie.

Gabrielle Syreeni a dit…

Je sais, les livres sont toujours meilleurs. Je connais l'adage...

Et je m'y connais pas mal là-dessus, également. :-D