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mercredi 5 septembre 2012

Averia Tome 1 et 2 – Patrice Cazeault

Les deux premiers tomes d’une série de cinq, si je ne m’abuse. Le premier a comme sous-titre Seki et le deuxième Annika. Deux prénoms féminins. On comprendra que la série place ses assises sur la force de ces personnages et de leurs destinées.

D’emblée, il est de mise de proclamer haut et fort que les couvertures sont sublimes, évocatrices et qui rendent justice à chacun des tomes auxquelles elles réfèrent.

Averia –Seki:

Averia1_seki

Averia est une planète conquise par les Tharisiens. Seki et sa jeune sœur Myr y vivent, tant bien que mal, balisées par les lois en vigueurs et la vie imposée par le régime qui y gouverne. Seki essaie tant bien que mal de s’y complaire tandis que Myr, sa sœur rebelle, crie sa rage contre le peuple Tharisien et fait la propagande de la révolte, au grand dam de sœur ainée. Mais voilà, un beau jour Seki est mêlée à un imbroglio et elle se retrouve désormais au centre d’une rébellion dans laquelle elle aura un rôle qu’elle n’aurait jamais pensé assumer et qui lui imposera de faire des choix au péril de sa propre vie.

Averia – Annika:

Averia2_annika

On se retrouve quelques temps après les évènements du tome 1. On fait connaissance d’Annika, une jeune tharisienne en pleine crise d’identité. Elle habite chez son oncle qu’elle déteste et cherche tous les moyens à partir pour trouver sa voie dans cette société qui ne lui colle pas à la peau. En fait, elle désire même changer cette société. Par tous les moyens qu’il faudra. Elle rencontrera Valerio et, avec lui, elle empruntera une voie pour assouvir ses ambitions qui la mèneront sur des terrains dangereux et elle y découvrira des secrets bien enfouies tout au fond d’elle-même.

***

D’abord, je vais aborder la forme et la structure du récit. L’auteur a choisi d’écrire son récit sans le scinder par des chapitres, si ce n’est que par des parties (3 pour Seki et 2 pour Annika). En fait l’histoire défile en nous offrons que des séparateurs (***) en guise de pause. D’autant que dans Seki, la narration s’alterne entre Seki et Myr, ce qui est un peu déroutant. Sincèrement, je crois que ça peut en rebuter plus d’un, malgré que je trouve le concept original et bien mené. Moi, je m’y suis habitué après quelques dizaines de pages et ce ne m’a plus traversé l’esprit après. Un détail, diront certain.

L’histoire maintenant. Elle démarre lentement .Très lentement. Moi, qui suis un fervent des accroches qui arrivent tôt, je reste à l’affut du rebondissement qui déclenchera le tout. Mais, au lieu d’être frappé au détour d’une page, me voilà enroulé dans une toile qui commence à m’emprisonner et qui me retiens avec sournoiserie. Aux lignes où Seki se fait capturer et amener en prison, le monde imaginé par Patrice Cazeault dévoile toutes ses formes et l’histoire du peuple d’Averia et de Tharisia prend toute son ampleur et je m’y glisse allègrement sans contrainte. À partir de ce moment, j’ai embarqué et je n’ai plus arrêté jusqu’à la fin du tome 2.

Quand j’ai terminé Seki, je me suis dit: Quel beau personnage! Elle transperce l’histoire. Elle est puissante. Alors quand j’ai commencé Annika, j’étais un peu en deuil. Plus de Seki . Comment alors assumer une bonne continuité? Garder l’atmosphère? Voila… l’auteur nous présente Annika, un personnage que j’ai aimé encore plus. Une sorte de Myr mais plus mature, plus troublée, avec une haine plus canalisée. De tous les personnages d’Averia , elle est certainement ma préférée.

Patrice Cazeault a une plume fluide. Ces descriptions sont souples et empreintes d’un habile réalisme. C’est une des forces du récit. Aussi, on voit que l’ensemble du roman a été peaufiné avec soin. Les bons mots, les bons verbes, les bonnes tournures. Une écriture concise et limpide. Aussi, si je puis dire sans aucune prétention, je crois que l’auteur est très proche de ces personnages féminins. Il les rend bien. C’est comme s’il les avait côtoyées en vraie. C’est tout dire.

En somme, une lecture qui a démarré lentement mais qui m’a plu fortement au terme des deux lectures. Patrice Cazeault a un talent indéniable et sa série, je suis persuadé, connaitra un grand succès. Surtout pour les jeunes filles.

Pour l’heure, le monde d’Averia se dessine sous nos yeux et à la fin d’Annika , on est certain d’une chose:

 Il y a une guerre qui se prépare et tout ce beau monde va converger vers un cataclysme qui pourrait être gigantesque.

Ca promet!

Le troisième tome sera disponible bientôt.

Cette fois, la plume de Patrice Cazeault nous fera découvrir la destinée de Myr, la jeune sœur rebelle de Seki.

Averia t1 et t2, Patrice Cazeault, éditions ADA, 2011, 375p et 260p.

4 commentaires:

Pat a dit…

Wow! Je ne m'attendais pas à cette critique. Merci pour tout, Pierre!

Et re-wow! Merci d'aimer Annika le personnage. Plusieurs lecteurs m'ont écrit pour me dire qu'ils l'avaient trouvé trop antipathique. Je suis très heureux qu'elle soit ton personnage préféré!

Je lui réserve un tome 4 d'enfer :)

(encore merci)

Pat a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
Pierre H.Charron a dit…

J'aime les personnages plus troublés. Annika n'est pas antipathique. C'est une bombe à retardement. Ses blessures la rendent authentique.
Vois-tu, chaque personnage trouve son lecteur. C'est la magie de la création ;)

Sylvie a dit…

Je partage entièrement ta critique, Pierre. Et ta sympathie pour Annika.
Vivement la suite d'Averia. :))