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dimanche 7 novembre 2010

Petites trahisons – Pascal Chaussé

Petite Trahison Le roman a un sous titre qui annonce ses couleurs: Intrigues au cœur d’un village. Ce village, Fernandville,un petit patelin perdu au milieu de nulle part où la vie bat son plein et où les artisans du pouvoir et de l’économie locale jouent leur pions pour emporter la mise. Le maire Ferland qui n’a qu’un objectif en tête, de rester en selle et de briguer le siège du député Dion. Pour se faire, il a besoin des bonnes faveurs du journal local du Vieux Godin qui vend la plume de ses journalistes aux plus offrants. Par contre, l’une de ses plumes est Dominique Benoît, l’éditorialiste en chef et meneuse d’enquête journalistique. Elle est la bête noire du Maire et ce dernier cherchera à clouer le bec de cet emmerdeuse de premier plan. Ainsi s’enchaîne une série de quiproquos qui nous amènera dans les coulisses des ramifications d’arrière boutique et de pots-de vins livrés sur commande.

Dans ce branle-bas de pouvoir et de faiseur d’images vient s’ajouter en superposition, une intrigue encore plus machiavélique, et ici voyez toute l’analogie avec une certaine actualité québécoise…. Le puissant Chef de l’Empire Trans-Media qui magouille avec son grand opposant de négociation , le carriériste syndicale René Renaud et lui demande de simuler un Burn-Out, en pleine négociation de la convention collective et le dépêche à Fernandville pour ouvrir Le Nouveau, l’hebdomadaire qui doit mettre en banqueroute celui de Godin. La table est donc mise pour que tout ce beau monde s’en donne à cœur joie et s’empourpre dans des chassés croisés où le mensonge, la trahison et les coups bas sont les meilleurs alliés pour sortir indemne de ce tourbillon de politicailleries de basse-cour.

Ce roman se lit avec une aisance remarquable. L’écriture de Pascal Chaussé est limpide et très organisée. Je dirais même qu’elle est un peu aseptisée, mais la clarté de la trame est sans faille et  les péripéties se succèdent et on s’y retrouve en gardant toujours le plaisir comme point d’appui. Des personnages colorés qui ont tous un côté malicieux et auxquels j’aurais aimé qu’on leur greffe une langue à passer au savon , l’histoire s’y prêtait. L’auteur a décidé de rester sobre sur cet aspect.

Néanmoins, plus la lecture se poursuit et plus le plaisir s’accroît jusqu’à la toute fin où Saint-Pierre se fait déshabiller pour habiller Saint-Paul et où les dernières lignes te ramènent une bonne baffe sur la gueule pour te rappeler un des grands commandements de la société moderne:  Au plus fort, la poche !

Voilà le premier roman de Pascal Chaussé, un journaliste de profession qui habite la région de La Vallée-de-la-Gatineau dans la ville de Maniwaki. Cet auteur a beaucoup de talent et j’espère qu’on pourra encore le lire bientôt. D’ici là, parions que Maniwaki lui inspirera certainement d’autres aventures comme celles de Fernandville.

Petites trahisons, Pascal Chaussé,éditions Marcel Broquet, 2010, 315p.

2 commentaires:

Less a dit…

Je ne connaissais ni l'auteur ni la maison d'édition. Ton billet me donne le goût de corriger cette lacune. Sur ma PÀL !

Pierre H.Charron a dit…

Marcel Broquet éditions publie beaucoup de nouveaux auteurs.

J'ai rencontré Pascal Chaussé au dernier salon des auteurs des Laurentides. Un type vraiment sympatique.