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lundi 24 mai 2010

Billet sans titre

Ca vous allume ? Un billet sans titre ,c’est moche. C’est comme un ciel en gris en Juillet. C’est brusque comme un ébat amoureux sans préliminaires.C’est incompatible comme une bonne frite graisseuse sans ketchup.Quand on lit un texte, il faut qu’il soit titré,qu’il soit baptisé,qu’il adresse son contenu ou le fait miroiter.Bref, qu’il nous séduise,qu’il nous drague, qu’il nous provoque, qu’il nous agrippe jusqu’à ce que l’on succombe sans regarder en arrière.

C’est une réflexion que j’ai eu quand j’ai lu la liste des 51 nouvelles du concours Les milles-mots de l’Ermite. Le titre, c’est l’élément déclencheur,c’est le vendeur,l’œillade de la séductrice.Quand tu déroule la liste et que tu lis chaque titre ,chacun t’apporte une image à la seconde près et déjà l’aventure peut commencer dans ton imaginaire. 

À la libraire ou la bibliothèque, nos premiers barèmes pour choisir sont souvent les mêmes. Pour plusieurs, le genre fera foi de tout. Pour ma part,je lis tous les genres, donc mon premier réflexe est de me diriger vers les nouveautés. Bien sûr, que le premier élément que mes yeux pourrait capter est le nom de l’auteur. Mais au delà d’un choix prémédité, j’hésite entre le graphisme de la couverture et le titre. La combinaison des deux est souvent sans appel. Une couverture  de chez Gallimard,par exemple, me laisse sans émotions. Vraiment.

Ensuite,vient l’arme fatale: Le quatrième de couverture. Un résumé bien tourné , juste assez alléchant et bien punché à la fin viendra me chercher très certainement. Souvent quand j’hésite encore, je lis quelques passages pour percevoir si l’écriture va me charmer, une brique avec une narration au “Je” peut me faire reculer. Pour certain, le format du livre , sa texture pourrait avoir un incidence. Ce n’est pas mon cas.

Dans la sélection du concours de l’Ermite, un titre comme L'homme qui faisait pousser les mots m’a accroché (il a été des trois finalistes et je l’ai beaucoup aimé) . Mais il faut se le dire, le titre n’est garant de rien du tout. Le Cobra peut bien se dandiner sous la flûte du Fakir, mais souvent l’illusion du charme pourrait envenimer vos prochains achats de lecture.

Alors, et vous, quelle est la part du titre dans la sélection de vos lectures ? Êtes vous du type long ou du type court ? Du songé ou de l’original ?

Et pour l’auteur,est ce l’enfer de choisir un titre? Ca vous vient soudainement ? Vous y réfléchissez longtemps ? Vous le trouvez avant,pendant ou après ?

Le titre, si peu de mots et tout un monde à séduire.

19 commentaires:

Isa Lauzon a dit…

Je suis comme toi quand vient le temps de choisir un livre. La couverture d'abord, elle doit m'attirer. Le titre est très important, car il dévoile une partie du contenu, enfin il devrait! Le quatrième de couverture achèvera probablement de me convaincre... ou de me rebuter.

Pour ce qui est de choisir les titres de mes histoires, c'est drôle, ça me donnait beaucoup de fil à retordre avant, et là plus du tout. Un peu comme les noms des personnages : j'ai appris à me fier à ma première intuition, c'est souvent la bonne. Je privilégie les titres courts, souvent un seul mot, pas plus de trois ou quatre, qui résument selon moi l'essence du texte. Pas de longues phrases du style "Comment faire l'amour à un nègre sans se fatiguer" :O) Je suis déjà fatiguée rien qu'à lire le titre!!! Ce style de titre ne m'attirera pas du tout. Étrangement, je vais me dire que si l'auteur n'a pas su faire court et aller à l'essentiel avec son titre, alors le contenu du bouquin sera redondant, bourré de longueurs inutiles et de réflexions ennuyantes. Idée fausse, sans doute, mais comme tu dis, un titre doit vendre sa salade, et non pas nuire au livre.

ClaudeL a dit…

Tout ce que tu as dit: des fois long, des fois court, des fois il vient avant le texte, des fois pendant, des fois pas du tout. Les têtes rousses me sont venues aussitôt l'idée d'écrire sur mes ancêtres irlandais. Pour ensuite apprendre que le roux des cheveux n'est pas typiquement irlandais. Plutôt écossais.
Pour mon blogue, j'ai voulu éviter la difficulté de trouver un titre en commen^cant toujours par "De" comme au temps de Cicéron. Mais m'embête fiinalement. Parfois.
En tout cas ce matin, ton titre m'a attirée!

Gen a dit…

@Pierre : Bien d'accord avec toi : un titre accrocheur est essentiel. À part ça, la couverture ne me touche pas tellement (j'ai vu trop de livres avec une belle couverture et pas de contenu). Par contre, le résumé a intérêt à être excellent. C'est lui qui détermine si je vais me livrer à mon dernier test : la lecture du premier chapitre (ou des premiers chapitres), debout dans la librairie. C'est là que je vois si le style de l'auteur me plaît et si j'achète.

Pour ce qui est de trouver des titres, je suis nulle, nulle, archi-nulle, catastrophe ambulante, horreur ronflante et autres cataclysme littéraire! lol

(Bon, ok, je suis peut-être pas si mauvaise, mais là je cherche bon titre et je sèche!!!)

Karuna a dit…

Trouver un titre, quelle horreur!! C'est tellement important, tellement définitif, tellement ... arggh! Pour mon roman, je n'ai pas de coup de foudre, alors je suis pas capable d'arrêter mon choix. Je ne peux pas m'empêcher de croire que c'est mauvais signe :S

Pierre H.Charron a dit…

@ Isa. Moi aussi, je crois qu'un titre assez court et concis est plus souvent qu'autrement gagnant, mais des titres comme ceux de Katherine Pancol :Les écureuils de Central park sont tristes le lundi (M^me si ca me dit rien de le lire) ou Le frois modifie la trajectoire des poissons de Pierre Szalowski(J'ai aimé) viennent me titiller aussi. Par contre un IT de Stephen Kig..Ca me convains à 100%

@Claude. Souvent, la plupart du temps, j'ai le titre avant ou des échantillons de titre ..Je le certifie à la fin. Hé Hé mon titre sans titre a taquiné quelqu'un de la Petite -Nation..comme quoi que les titres banales peuuvent être songés ;)

@Gen Le quatrième de couverture est essentiel, à tous le moins il peut faire en sorte de me désintéreser de l'ouvrage. Et moi aussi, je suis celui qui est planté debout dans la librairie à me taper un début de chapitre ou deux...pour moi si je " Fit" avec l'écriture....

Pierre H.Charron a dit…

@Karuna. Moi, j'adore trouver des titres...Aguicher le lecteur...Ca veut pas dire qu'il vont être bon.Aussi, je suis certain que je prendrais un malin plaisir à écrire des quatrième de couverture.

Michel Gingras a dit…

Je suis d'accord avec Gen. Je dois d'abord trouver le titre accrocheur et le quatrième de couverture me convaincra. Je vais lire les premières lignes du premier chapitre et si j'ai le goût d'en lire plus, je vais vouloir le prendre. Pour mes propres titres, je les trouve généralement lorsque mon texte est complété et les idées de titres ne sont pas toujours facile à trouver. C'est le moment que je déteste le plus: trouver un titre sans révéler des punchs.

Pierre H.Charron a dit…

@Michel.C'est vrai...trouver un titre sans révéler....c'est important.... Genre 2012, la fin du monde.... c'est poche !!!

Pierre-Luc Lafrance a dit…

En général, j'essaie de garder mes titres assez courts : maximum sept mots, en général entre trois et cinq mots. Comme lecteur je suis très sensible aux titres accrocheurs ou tout simplement bizarres. Dans ce genre, mon maître est Frédérick Durand. J'adore ses titres, particulièrement Au rendez-vous des courtisans glacés (légèrement long, mais déjà j'étais dans l'histoire).

Pour ce qui est de la facilité à trouver des titres : c'est soit évident, soit vraiment ardu. Des fois, ça vient tout seul (L'homme qui faisait pousser les mots, L'arracheur de rêves, Princesse à enlever, Le rêve est une éternité perdue). D'autres fois, c'est beaucoup plus long. Ça peut même devenir un véritable casse-tête (j'ai trouvé Y a-t-il un héros dans la salle ? plusieurs mois après l'acceptation du texte par l'éditeur). En général, si ça ne vient pas naturellement, je vais avoir de la misère à trouver. Et plus je cherche, plus ça devient difficile. Heureusement, ça arrive rarement.

Par contre, je suis incapable de travailler avec un texte sans titre, alors j'en trouve toujours un même si je sais qu'il est provisoire.

Venise a dit…

Le titre m'influence moins que la couverture et l'auteur. Dans mon inconscient, c'est un peu accessoire. J'imagine qu'il en est autrement pour mon inconscient. On se laisse souvent séduire parce qui nous passe 10 pieds au-dessus du cerveau !

Par contre, quand j'ai à titrer un billet, j'y réfléchis. Je suis convaincue qu'il a un poids sur mon compteur de lecteurs !

Claudel a dit…

Le titre le plus difficile à trouver parce qu'il est définitif et que contrairement à des livres ou des nouvelles, normalement on en n'a qu'un: c'est le titre de notre blogue.

Pas certaine d'avoir réussi avec le mien.

Mon site non plus (Des pages et des pages): oui parce que c'est le titre qui me représentait le plus, mais non -- et je le savais-- pour le monde Internet.

Pierre H.Charron a dit…

@Pierre-Luc. Je te rejoins pour le titre provisoire. Moi aussi, on dirait qu'il m'en faut un, même si c'est simplet ou absurde. Et finalement, on peut dire que si le titre ne nous viens pas rapidement, on sait déja que ce sera un calvaire de le trouver !

@Venise et Claude. Pour les blogues et les titres de billet, le titre c'est la clef de la SEO, la partie payante (visteurs) et aussi c'est l'épine dorsale du Mystère de l'algorithme de Google !!

claude b. a dit…

En général, mes titres de nouvelles sont courts, mais mes titres de livres sont longs. Et le titre de mon prochain sera de loin le plus long de tous.

Pour moi, l'exercice le plus délicat est la rédaction de la quatrième de couverture. Ça s'étend en général sur quelques mois. Une retouche par-ci, une retouche par-là. Une phrase de plus, une phrase de moins. Taponnage, polissage.

Pierre H.Charron a dit…

Claude B. Content de te voir roder dans mon Hameau ;)

Plusieurs mois pour fignoler un quatrième de couverture... Ca peut paraître beaucoup...mais c'est tellement important. Un faux pas et l'acheteur repose le livre sur le présentoir...

Et bien hâte de voir ton prochain plus long titre à vie !

Travailleuse sociale a dit…

Le titre de ton billet sans titre a effectivement attiré mon oeil. Le titre peut attirer mon attention, le temps d'un éclair, mais c'est surtout le résumé qui me fait décider du choix de mon livre. J'ose aussi ouvrir le livre et lire quelques passages, histoire de jauger l'écriture.

CJ a dit…

Drôle de coïncidence que ton billet et mes pensées aujourd'hui | Je suis à réécrire mon roman et je n'ai toujours pas de titre...pour moi ça reste la partie la plus difficule !

Pierre H.Charron a dit…

@TS Preuve qu'un titre n'a pas besoin d'être réfléchi longtemps pour être efficace ;)

@ Colombe Les grands esprits se rencontrent :)

orangesky a dit…

Aaah les comparaisons m'ont bien fait rire. C'est joliment dit :)

Pierre H.Charron a dit…

@orangesky. Bienvenue dans mon Hameau et content de t'avoir acceuilli en te décrochant un sourire ;)