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vendredi 12 mars 2010

Poussière d’étoiles

J’étais à démêlé un peu ce qui se trouve éparpillé sur mes différents supports de disques et j’ai mis la main sur mon premier conte écrit dans mon premier atelier d’écriture. Un petit fond de tiroir qui  côtoie bien le changement d’heure du prochain week-end et l’équinoxe  qui s’en vient à grand pas.

Poussière d’étoiles

Il y avait, dans des contrées très lointaines, par delà les vastes pâturages et les innombrables collines, une région qu’on appelait les Hameaux du Mondégor, dans lesquelles vivait, en toute sérénité, le peuple des Astingues. Depuis la dernière tombée temporelle, ils s’étaient réveillés dans un monde dépourvu de ses couleurs.

Le conseil des Grands Éphérides s’était réuni et avait entendu toutes les théories émanant de ses sciento-élites et en conclure que Fluvia, l’astre solitaire qui régnait dans le firmament depuis des ères immémoriaux, avait arrêté d’irradier ses poussières d’étoiles, lesquelles généraient la panoplie des couleurs du monde de Mondégor.

On avait alors nommé d’office l’illustre scientiste Indigo pour rectifier la situation promptement. Maître Indigo était un astronome émérite, mais qui plus est, était le plus perspicace et le plus ingénieux de sa confrérie. Il enfourcha le spatio-palandre et s’éjecta jusqu'à à la constellation de Férius.

Après mille et un calculs, il détermina que le phénomène était hors du domaine de la science. Il alla questionner la maîtresse des lieux.

- Que se passe-t-il,Fluvia ? Notre monde a perdu ses couleurs et cela perturbe les activités du peuple et affecte le moral des Astingues. Je soupçonne que tu connais la cause de ce désagréable imbroglio.

- Si fait, Maître Indigo, j’en suis l’ultime instigatrice

- Attise ma chandelle chère amie, j’ai le vide à l’esprit

L’air pernicieux, Fluvia vida son sac

- Je suis là, dans toute ma rondeur, depuis toujours à pourvoir couleurs à vos yeux et en veiller sur vous comme chaperonne en foyer et vous ne portez aucun égard à ce don céleste.Les gens ne lèvent même plus le regard vers moi, et pire encore, les enfants ne me dessinent plus du tout, bref je me sens comme une vétuste relique mise au rancart.

Indigo opina du chef et compris toute l’ampleur de cette soudaine, et non moins, malsaine lubie.

- En effet, cela est un constat assez juste mais il me tiraille de bien prendre ces faits au bas mot.

Sans coup férir, il resta muet quelques instants et usant de son ingéniosité, lui déballa le stratagème. Fluvia prêta le flanc aux propos de l’astronome et acquiesça.

Indigo rétorqua la coupe aux lèvres

- Si votre guise vous en plaise, vous allez vous faire désirez ma belle.

Fluvia , gagnée d’avance, promis de libérer les poussières d’étoiles et de donner un cadeau dès les premières gratitudes et un second si le mérite perdurait dans le temps.

L’Astre disparut dans le ciel. Pour se faire désirer, il réapparut plus tard, sous une nouvelle forme, en un premier quatrain et il prit circonférence progressivement pour aboutir dans sa pleine grandeur au sommet du firmament. Toutes les couleurs se fondirent dans le paysage et il en apparut une toute nouvelle, le premier cadeau de Fluvia. Plus tard, on lui donnera le nom de Indigo.

Le peuple Astingue retrouva la joie de vivre et les enfants tapissèrent, à nouveau, les murs de l’école de similitudes de Fluvia. Ainsi, à tous les quadrantes, Fluvia refit son cycle et on proclama un nom pour chacun d’eux et ce pour les douze temporels suivants. Le Calendrier Fluvien vit le jour. Indigo fût nommé Chef des Grands Éphérides et on construisit l’école d’astronomie en son honneur.

Plus tard, on raconta que, dans les Hameaux du Mondégor, durant les nuits de pleine Fluvia, il y eut une effervescence de naissance dans les pouponnières, certains stipulèrent que ce fût là le second présent de Fluvia -La -Grande -De –Férius.

6 commentaires:

Karuna a dit…

Alors là, j'en ai la mâchoire pendante! Premier conte, dans un premier atelier? Bravo, sincèrement, il est époustouflant. Tu as bien fait de le partager avec nous aujourd'hui. En as-tu d'autres comme celui là? Je t'en prie, gâte nous. :p

Pierre H.Charron a dit…

J'ai plusieurs textes de mes ateliers d'écriture ici sur mon blogue. tu peux les lire dans la rubrique:

Micro-Nouvelles et Textes tous genre ainsi que dans Poèmes.

Bonne lecture :)

Karuna a dit…

Après lecture de l'onglet micro-nouvelles, ma préférée: La légende de Fort-Pélican. Une réussite! Chapeau bas.

Pierre H.Charron a dit…

J'aime bien cete nouvelle. Il se peut que des bribes de cette histoire se retrouve dans une nouvelle. C'est à voir....

Isa Lauzon a dit…

J'en avais des frissons dans le dos! Je me rappelais avoir entendu ce conte en atelier, mais le lire, c'est vraiment différent! Franchement, ton imagination me stupéfie à chaque fois! Bouche pendante pour moi aussi... et un brin de jalousie!

Pierre H.Charron a dit…

@ISa..On dirait que ca fait longtemps et pourtant....Beaux souvenirs ces ateliers :)