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vendredi 4 décembre 2009

La légende de Fort-Pélican

Voici mon dernier texte de mon atelier d’écriture qui s’est terminé dernièrement.

Consignes: Phrase de départ: Il était une fois trois cigognes qui se cherchaient un métier non-traditionnel. Insérer des expressions idiomatiques. Longueur: 400 mots.

Il était une fois trois cigognes qui se cherchaient un métier non-traditionnel. Elles en avaient raz le pompon de trainer le popotin de leurs Beaujolais-Pampers-Nouveaux jusqu’à leurs berceaux guettés par leurs parents qui accusaient réception du colis sans daigner, à tout le moins, laisser un pourboire de crève-la-faim. Ce n’était pas la ruée vers l’or de gagner sa croute en se prenant pour un quarante-cinq pieds Purolator en se faisant bouffer la moitié de sa paye en frais de chiro. C’est qu’une dizaine de livres de graisse de Morveux qui vous pend sous le menton, ça vous arrange un lumbago en moins de deux. La confrérie à plumes décida donc de fermer boutique et de se donner corps et âme à leur nouvelle mission. : Devenir riche comme Crésus et mourir le gosier plein au as

Le trio d’échassiers devint alors la bande des SIX-GUNS, le groupe de renégats le plus recherché du canton. Pistolets aux hanches et cigarillos au bec, elles terrorisaient les villages en dévalisant leurs cavernes d’Ali baba. Elles se faisaient la malle, la poche au menton emplit d’un butin à vous en faire tourner les yeux et laissaient derrière elles, coffres vides et pâture à vautours gisant sur le sol, l’étoile épinglée à la poitrine. Seule survivante, leur réputation qui prenait du gallon à double vitesse.

De mémoire d’homme, nul hors-la-loi n’avait gagné leur pari. Ils avaient tous fini la corde au cou et mangeaient maintenant les pissenlits par la racine. N’écoutant que leur courage, les trois Pistoleros choisirent d’y aller pour la tournée des Grands-Ducs : Se farcir les lingots d’or de la Réserve Nationale à Fort-Pélican. La ville sans crime.

Le subterfuge concocté par les Palmipèdes marqua le point. Simulant d’apporter le poupon attendu au Directeur de la banque, ils entrèrent à l’intérieur des murs et bifurquèrent vers la chambre forte et se remplirent la poche à raz bord. Téméraires, mais innocentes, elles n’avaient pas évalué le poids du tribut. À l’envol, elles battirent de l’aile et s’effondrèrent au plancher. Elles furent épinglées et jetées au cachot. Comme sentence, les Mercenaires furent exécutées, déplumées et plantées à l’entrée de la ville, la bouche ouverte, servant de poste à péage et rappelant à tous que la cité restera à jamais sans crime.

Pour des cigognes qui voulaient finir le gosier plein au as, elles n’avaient jamais visé aussi juste. Telle est la légende de Fort-Pélican.

18 commentaires:

Âme Tourmentée a dit…

Wow, tout un exercice!

Chapeau!!!

-xxx-

Pierre H.Charron a dit…

@Merci AT

tangomango a dit…

Quelle imagination! Tu réussi toujours à me faire sourire.

Pierre H.Charron a dit…

Allo Marie-Andrée, ca fait un petit bout....Content de t'avoir décrocher un sourire ;)

Isabelle a dit…

WOW, j'adore ton histoire, elle m'a fait bien rire.

Et dire que je vais devoir essayer de composer quelque chose dans le genre dans quelques semaines.

Pierre H.Charron a dit…

@Isabelle Content aussi de t'avoir décrocher un sourire! Cet hiver,tu nous feras part des tes créations dans ton carnet...Bien hâte de découvrir ton imagination :)

Isa Lauzon a dit…

Bon sang qu'on a ri en atelier en entendant ton histoire! Il n'y a que toi pour donner autant de rythme à un récit. Des cigognes hors-la-loi, fallait y penser! Mon texte sur les cigognes, je ne le publierai pas sur mon blogue. Je n'ai pas aimé cet exercice, aucune inspiration ne m'est venue. Je l'ai fait quand même, contrainte et forcée, mais sans plaisir. Contente de voir que tu as davantage apprécié de ton côté!

ClaudeL a dit…

Et tu as écrit ça chez vous ou le soir même à l'atelier?
Ça y allait par là!!!

Et as-tu gagné le prix du plus d'expressions?

Pierre H.Charron a dit…

@Isa C'est vrai que le flash des cigognes hors-la-loi m'a ouvert les portes toutes grandes ouvertes. J'avais la chute en tête avant même d'avoir écrit un mot !

@Claude j'ai eu l'idée à atelier et je l'ai couché À l'écran dans une soirée. L'accroche final étant mon point d'ancrage. Et c'est vrai qu'il y a pas mal d'expressions idiomatiques,mais elles sont venues spontanément, sans forcer.

J'adore ces exercices..quand l'inspiration vient vite seulement ;)..sinon c'est l'enfer !!!

Anonymous a dit…

Michel Gingras dit:

Tu es doué pour insérer des expressions. Belle composition. J'avoue quie j'aurais eu de la difficulté à composer avec une telle phrase de départ.

Pierre H.Charron a dit…

@Michel. En quelques secondes, la bouche du pélican m'a tout de suite fait penser à un bac de poste À péage..et lÀ j'ai vu ma bande de joyeux lurons déplumés faire le piquet...restait plus qu'à trouvé un récit invraisemblable et les Daltons me sont apparu comme une illumination et la parade des 400 mots a démarrée....Et ca a donné La Légende de Fort-Pélican.

KGirard a dit…

J'aime bien avoir des contraintes, pour moi, l'inspiration viens plus facilement que partir du néant.

L'an passé, j'avais un prof qui m'avait demandé de composé une nouvelle commençant par: «J'en avais marre de tout ce cirque» En une demi-heure, j'ai pondu un texte incroyable qui m'a permis de me faire connaître auprès des autres élèves mais aussi d'un auteur au Salon du Livre. Cela m'a ensuite donné le goût de continuer à écrire davantage.

Tout ça pour dire que les contraintes sont parfois positives...

Pierre H.Charron a dit…

@Keven. Les contraintes stimule la créativité et force le cerveau à retourner des images bien définis. Reste encore que parfois,ca fait l'effet contraire. Le voile noir survient et la tension qui monte....Moi ca me réussit bien, À condition que ce ne soit pas à brûle-pourpoint !

Anonymous a dit…

Michel Gingras dit:

Les seules contraintes qui m'inspirent plus que de partir du néant sont les thèmes spécifiques des fanzines. Un thème donné pour tel ou tel numéro.

On dirait que j'ai plus de facilité si on me donne un thème que si je veux écrire une histoire en partant de rien. Ça vient moins facilement si j'ai pas de sujet précis. J'essais de travailler sur ça, essayer de trouver l'inspiration ailleurs pour pondre des histoires reliées à aucuns thèmes.

Suzanne a dit…

J'adore tout simplement. Merci pour ce très beau et hilarant partage.

Pierre H.Charron a dit…

@Suzanne. Merci beaucoup!

bluenaranja a dit…

hahaha excellent !!

Pierre H.Charron a dit…

@Bluenaranja C'est un de mes exercices d'atelier d'écriture que j'aime le plus :)