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mardi 15 septembre 2009

Hell.com - Patrick Senécal


Hell.com Selon Senécal
Daniel Saul est un homme d’affaire prospère, riche, membre de l’élite de la société québécoise et imbu de lui-même. Ce dernier mène une vie de pacha, une vie où l’argent coule à flot, les contrats d’affaires se multiplient, les côtes de bourse pavoisent au sommet et où les assouvissements sexuels sont légion. Daniel Saul croit avoir goûté à tout ce que son argent et sa notoriété peut lui offrir, mais bientôt toutes ces croyances seront de vagues chimères. Un ancien collègue de classe, Charron, refait surface et lui propose de devenir membre en règle d’un site Internet criminel Hell.Com, un site où tout est permis, où tout s’achète, où tout devient possible. Gambling, Orgies, Sadomasochiste, Perversions multiples, Violence, Torture, Meurtre sont tous des plats au menu, des menus qui se mangent froid. Daniel Saul plongera dans ce gouffre sans fond comme un cobra dansant lascivement au chant du fakir. Un envoûtement qui le conduira directement en Enfer, et dans sa chute, il entrainera son fils avec lui, son fils qui sombre dans les délires les plus noirs de la mort. Une apogée qui s’accomplira dans les ténèbres les plus profonds de l’âme humaine, celles où la Vérité est la plus immonde des prières.

Hell.com Selon Moi
Un roman scindé en deux parties. La première où l’auteur mise sur le dévoilement d’évènements sexuels et barbares dans une ascension exponentielle et qui a pour but d’éduquer sur ces thèmes, de jauger la tolérance, de choquer, de dégoûter et de finalement horrifier les plus pragmatiques. Ce concept, pour moi, n’a pas réussi. Senécal a dépeint dans cette section du roman deux personnages, Saul et Charron, comme des êtres sans émotions, sans cheminement, sans explications quant à leurs désirs de pouvoirs et/ou de plaisirs extrêmes. Le personnage Charron est tout simplement sans vie, on n’y croit pas. Dans le roman précédent « Le Vide », Senécal avait créé son pendant : Ferland, qui lui nous faisait vivre sa détresse, son dégoût de la vie, son Vide. Il n’aura pas su passé le « flambeau » dans le roman présent. Dans cette prémice, il faut dire que l’action a l’honneur d’être franche, sans cachotteries et porte le coup que l’on veuille ou non.
La deuxième partie, la plus intéressante, celle ou Senécal nous fait ressentir une émotion, où l’on reconnait son art à nous « shaker » le par en dedans, là où son écriture est à son maximum, où Sénécal maitrise son talent. Il aura fallu près de 300 pages pour comprendre que d’assister à des actes répugnants par les yeux de quelqu’un qui jubile n’a pas d’intérêt, mais d’y assister par ceux de celui qui est désillusionné, défait, apeuré et déshumanisé est la meilleure façon de révéler la qualité de l’œuvre. Montrer l’horreur, pas la décrire. Finalement, la course finale pour sauver le fils est captivante et montre le côté rédemptoire du roman. Senécal joue avec les métaphores bibliques et réussit bien. Quant à la scène finale, j’ai été servi à souhait. Ca a marché. Une image diabolique qui frappe dans le mille.

Révélation
Finalement, je dois avouer que globalement j’ai aimé ce roman. Vendu d’avance au genre Senécal, la moitié du chemin était déjà fait. Ce n’est certes pas un de son Top 3 mais il plaira aux inconditionnels. Quant aux autres, je vous suggère de vous y risquer, de compléter la lecture pour juger et de vous dire qu’a défaut de ne pas aimer ces genres tabous extrêmes, vous aurez le loisir de trouver qu’à la fin, voir deux couples tricoter entre eux dans un Jacuzzi dans un club échangiste vous semblera aussi « soft » qu’une soirée Tupperware. Là, on peut dire que l’auteur aura tout de même gagné son pari. Senécal risque de perdre du lectorat dans ce genre de récit, mais il a du cran et il s’assume. C’est ce côté de lui qui fait que je suis un fan des premières heures.

Épître aux lecteurs
À la fin de cette lecture, il me reste une arrière-pensée troublante, pour ne pas dire effrayante. Tant bien que cette histoire soit sortit de l’imaginaire de Sénécal, il reste que quelque part on croit à l’existence de telles dépravations et d’atrocités et c’est là peut-être tout le génie de l’œuvre de Hell.com. L’enfer existe peut-être sur Terre…quelque part.

Psaume Hell.com

Où il y a l’Homme, il y a l’Hommerie.

Hell.com – Patrick Senécal – éditions ALIRE – 2009 -557 p.

12 commentaires:

Gen a dit…

Je ne crois pas que Sénécal va perdre du public avec ce roman. Après tout, son public semble demander des romans de plus en plus hard.

Sauf que... oui, l'enfer existe sur Terre. Mais est-ce que ce serait pas mieux, pour le dénoncer, d'en faire un roman par les yeux d'une victime? (D'accord, d'accord, avant qu'on me dise "t'as qu'à le faire", je rajoute ça à ma liste des trucs à écrire). Et pas une victime volontaire comme dans Aliss... ou une victime incapable de se livrer comme dans "Le Vide"...

Oh et le gars qui amène le personnage principal à l'Enfer s'appelle vraiment "Charron"? Jolie référence mythologique.

Pierre H.Charron a dit…

Par les yeux de la victime .... Excellenr POV !

Et ce Charron...C'est pas dans ma branche de l'arbre généalogique ;)

Cédille a dit…

Bonsoir Pierre,

Je note ce bouquin. La liste s'allonge terriblement. Je suis très en retard dans mes lectures et trop lasse le soir pour garder les yeux ouverts.

Je te souhaite une bonne rentrée. Courage, il y aura d'autres vacances.

Bien amicalement.

Âme Tourmentée a dit…

L'enfer, on y vit déjà, non?

KGirard a dit…

Salut Pierre,

Mon commentaire n'a aucun lien avec Hell.com c'est juste que j'avais une question à te demander.

J'avais vu sur le site de Brèves Littéraires que la date de tombée pour un certain numéro est prochain mais voilà deux fois que je leur envoie ma nouvelle et toujours pas de réponses ni d'accusé de reception (depuis milieu août!)

Aurais-tu des infos là-dessus

Merci

Keven

Pierre H.Charron a dit…

@Cedille Merci et bonne lecture. et moi aussi ma liste est longue ;)

@ AT Ouais, j'avoue qu'il y a des journée où l'on peut le penser ....

@Keven Au Printemps j'avais soumis mes textes 1-2 jours avant la date de tombée.Aucun accusé de réception.à ma mémoire. Mes textes ont été accepté deux semaines plus tard. J'ai recu un téléphone de la directrice littéraire. Alors patiente et check le téléphone ;)
Si tu es accepté, tu m'accompagnera...je suis aussi de la prochaine édition d'hiver !

KGirard a dit…

Malheureusement, je n'avais pas donné mon numéro de téléphone...mais ils ont mon email ...J'espère en tout cas t'accompagner et j'attends patiemment une réponse

Gen a dit…

Dans la mythologie grecque, Charron était le passeur qui faisait traverser le Styx aux âmes dans sa barque pour les amener dans le monde des morts. C'est pour le payer que les Grecs mettaient des pièces de monnaie sous la langue des morts (ou, rarement, sur leurs yeux... comme dans le film Troie).

Dante a repris le personnage dans "L'Enfer" et en fait celui qui amène les âmes en enfer (un peu comme St-Pierre ouvre les portes du Paradis aux méritants).

richard tremblay a dit…

Charon, plutôt. Mais le livre de Senécal a au moins une autre allusion indirecte à la mythologie ou à la regilion, c'est selon.

Saul, c'est soul (âme) en anglais, mais c'est le nom de Paul (Saül) qui, sur le chemin de Damas, a eu la Révélation de Dieu et virer sa cuti, d'où la fine allusion dans mon commentaire...

Pierre H.Charron a dit…

@Gen et Richard. Je vien sd'apprendre que mon nom de famille a une notoriété au pays de Bélzébuth .. en plus c'était comme si c'était leur Saint-Pierre...

Raisonnement à la Dan Brown ici ;)

(ST)Pierre...H ..Charron... le H... c'est tu pour. HELL.COM !!!!

Suis-je le passeur ? Ca y est je suis démasqué ;)

Gen a dit…

@Richard : ah oui, beau coup pour Saul, j'avais pas vu le rapprochement :)

Pour Charon, effectivement, la graphie commune a un seul r, mais on écrit aussi parfois Caron (ce qui est plus proche de l'original en grec ancien).

@Pierre : entk, avec un nom de même, on s'étonnera pas si tu développes une relation trouble avec les portes, barques ou autres lieux de passage :p

Pierre H.Charron a dit…

Ca y est! y a plus personne qui veut venir à la pêche avec moi ;)