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jeudi 2 avril 2009

Le chapeau de Kafka


Le premier roman de Patrice Martin. Un roman comme j’en ai jamais lu. Un style inédit en ce qui me concerne. Je décrirai ce genre comme étant de l’absurdité cognitive. Un style qui m’a accroché dès les premières pages. De prime à bord, je dois dire que je ne savais trop à quoi m’attendre, j’ai succombé à ce livre grâce à son titre et à l’image sur la couverture, un bien drôle de chapeau.

Ici, je mets en garde ceux qui voudraient amorcer sa lecture. C’est un roman qui est noir ou blanc, il n’y a pas de place pour le gris. On n’aime ou on n’aime pas, point final. L’histoire de P. qui part à la recherche d’un chapeau que son patron a acheté à une enchère. Dès lors s’enchaine des scènes complètement hors de sens qui vous laisseront, et le mot est faible, désarmés. P. s’embourbera dans des dilemmes que lui seul se fabrique et ses choix, trop logiques, le conduiront vers des péripéties insoupçonnées. Un ascenseur en panne, un représentant zélé, des écriteaux mensongers, un cadavre inopportun, un incendie subit, des rencontres fortuites, un interrogatoire et j’en passe et tout ceci dans une dérision totale, dans un méli-mélo hors du commun.

133 pages, trois chapitres, le second, Max, un écrivain en fugue qui cherche à publier son manuscrit et le dernier, un taxi avec trois célèbres écrivains se racontant des anecdotes. La combinaison de ce rodéo se confondra dans une conclusion étonnante que vous n’aurez jamais imaginée. Un roman gigogne, en poupée russe. Une expérience littéraire déconcertante pour ceux qui s’initie à ce genre qu’on dit très peu pratiqué. Tant qu’à moi, je qualifie ce roman de génial, pour peu qu’on ne soit pas trop pragmatique. Un roman qui m’a laissé pousser des rire à haute voix, pour ceux qui me connaissent, c’est quasiment de l’ordre du paranormal.
L’histoire de P. L’histoire dans l’histoire de l’histoire d’une histoire. C’est tout dire!

8 commentaires:

S@hée a dit…

Quelle critique, tu m'as convaincu! Je l'ai commandé! :-)

Isabelle Lauzon a dit…

Là, tu m'intrigues trop, je dois absolument le lire!

J'ai suivi tes conseils pour "Le passager", de Patrick Sénécal, et "Mon frère de la planète des fruits", de Bryan Perro, et je ne l'ai pas regretté.

Alors, cerbère du Hameau, telle une disciple, je te suivrai dans tes expériences littéraires!

Pierre H.Charron a dit…

@sahée et @isa. J'ai bien précisé que c'était blanc ou noir, alors souhaitons que ca tombe bien pour vous. Pour donner plus de détails,
C'est que se sont des histoires imbriquées les unes aux autres avec des liens et des images qui se croisent toujours et P. est un maniaque de la logique et il réflichit tellement trop qu'il en est drôle. Et l'auteur, fonctionnaire à Gatineau, nous livre des métaphores sur la bureaucratie qui vous rappelera la Scène du fameau formulaire dans Asterix et les 12 travaux je crois. C'est du solide.
pour faire une analogie À des humoristes: L'absurdité des Denis-Drolets, L'insipidité de faits de Jean-Thomas Jobin, la psychologie de Pierre Légaré et l'humour intelligente de Yvon Deschamps.

Mais même si c'est pas notre genre, juste d'étudier ce roman GIGOGNE, C'est une formation en soi!

tangomango a dit…

Tu m'as vendu l'idée à moi aussi. Je passe immédiatement à la bibliothèque et je te ferai mes commentaires plus tard.
J'adore la "différence"!

Pierre H.Charron a dit…

Alors , tu viendras donner ton compte rendu..que j'espère positif ! à Bientôt!

Françoise a dit…

Tu aimes les auteurs québecois? je te partage ma dernière découverte. Élisabeth Filion.J'ai lu : De la part de Laura.Que dire que tout est image, style, finesse. Dégusté du début à la fin. J'ai couru chercher ses autres écrits. Roman historique. À premier abord Déçue puisque je ne suis pas du genre ''historique'' je tente l'expérience. De nouveau c'est le coup de foudre dès le pemier chapitre. Je me suis tapé les deux tomes, savourant chaque page, partagée entre l'attrait de vite connaître la suite et le désir de ne jamais en finir la lecture.
Heureuse découverte.

tangomango a dit…

Probablement pour me mettre dans le ton du livre, je passe à la bibliothèque pour emprunter Le chapeau de Kafka et on ne trouvait plus ce livre. Pourtant il était disponible dans le système. J'ai dû attendre quelques jours pour le tenir entre mes mains.
Quel auteur! vraiment, je n'ai jamais rien lu de semblable. Je l'ai traversé d'un couvert à l'autre sans jamais m'ennuyer. Un style tout à fait captivant et drôle. Patrice Martin a vraiment une belle plume. À lire, mais pas n'importe quand. Il faut être dans un état d'âme qui appelle à la légèreté et à la dérision.

Pierre H.Charron a dit…

Tu as raison, il faut avoir l'âme à la dérision. Content que tu aie apprécié. des fois je pense que mes gouts ne sont pas souvent ceux que les autres aiment...là ce me réconfortent!!! C'était vraiment un livre spécial!